UKRAINE : STOP A L'INTOX DE L'UE

Publié le par Yann Guillemot

carte de l'ukraineDerrière ces manifestations à Kiev qui font l'objet d'un traitement médiatique clairement orienté en soutien aux manifestants pro-UE, je propose de revenir rapidement sur le fond de cette affaire ukrainienne.

Il s'agit au départ d'un accord d'association comprenant les accords complets et approfondis de libre-échange (DCFTA) avec l'Ukraine, la Moldavie et la Georgie. D'autre pays comme l'Arménie ayant renoncé à cet accord avec l'UE en cours de route , pour rejoindre la zone d'échange "d'union douanière" créee par la Russie.

Pour illustrer cet accord qui ne concerne plus que la Moldavie et la Georgie voici ce qu'il implique par exemple dans le domaine vinicole : la DFCTA prévoit la libéralisation complète, sans restriction, du marché de l’UE, pour les importations de vins moldaves et abolit le régime actuel des Préférences Commerciales Autonomes (ATP) (qui prévoit un quota de 240 000 hectolitres de vin par an). Je vous laisse juge et vous recommande de lire les modalités de cet accord .

Mais revenons à la situation en Ukraine.

Le Président actuel ,Viktor Ianoukovytch, a été démocratiquement élu en 2010 face au Premier ministre sortant : Ioulia Timochenko (Pro UE) .

En 2012 , lors des élections législatives ,le parti de Viktor Ianoukovytch est arrivé largement en tête avec 38% des voix devant celui de Ioulia Timochenko (20% des voix) , qui par ailleurs avait été inculpée un an plus tôt puis emprisonnée en 2011 pour abus de pouvoir dans le cadre de la signature de contrats gaziers avec la Russie . 

Il semble que ce jugement de l'opposante à Viktor Ianoukovytch  , bien qu'antérieur aux élections législatives de 2012, n'ait pas eu d'influence sur le choix des ukrainiens lors de ces éléctions.

L'Ukraine ne correspond peut-être pas aux canons de la démocratie version UE mais on est loin de la dicture dont on nous fait état à la Comission européenne et par médias interposés .

Il faut comprendre tout de même que dans le cadre de ces négociations avec l'Ukraine , pays souverain rappelons-le , l'UE a éxigé comme condition sine qua non à la signature de ces accords , la libération de l'ex-Premier Ministre Ioulia Timochenko afin qu'elle puisse être soignée en Allemagne pour une hernie discale . Serait-ce cela , la "version UE " de la démocratie dont je parlais il y a quelques lignes? Car enfin, quel pays dans le monde accepterait une telle ingérence , une telle arrongance de la part d'un soit disant futur partenaire?

En attendant , cette demande de libération exceptionnelle a été rejetée par un vote des parlementaires ukrainiens le 21 Novembre dernier.

Il en résulte que le Président ukrainien ne pouvait pas signer quelques jours plus tard un accord dont l'une des conditions, pour le moins curieuse,  avait été rejetée par son parlement.

 

L'UE s'adresse à cette jeune démocratie , sous forme d'ultimatum afin qu'elle inscrive une bonne fois pour toute son avenir dans son sillon. Tous les prétextes sont bons pour diaboliser le pouvoir en place et stygmatiser la Russie en arrère plan.

L'explication de la situation ukrainienne résumée par les instances européennes et les médias est innacceptable puisqu'elle consiste à bipolariser le problème de l'Ukraine entre à l'ouest (UE) le monde merveilleux des détenteurs de vérités et des consciences et à l'est des pays dénués de toute possibilité de progrès à cause de l'autocratie, de la censure et d'une population endoctrinée.

Quelle aberration et jeu dangereux , joué par l'UE avec le soutien à peine intéressé des Etats-Unis , que de souffler sur la braise du clivage historique est-ouest de l'Ukraine. Cette déstabilisation organisée est irresponsable pour la région et pour l'avenir même des ukrainiens manipulés. L'avenir pour l'Ukraine est bien évidemment dans le développement de relations commerciales avec l'ouest mais en privilègiant bien évidemment ses relations avec la Russie . L'éxigence européenne de tourner le dos à la Russie est , je le répéte ,non seulement improbable mais serait catastrophique.

La Pologne n'est pas en reste dans cette affaire et son soutien historique à l'opposition ukrainienne pro-UE et russophobe a du mal à masquer ses ambitions dans la région. La perspective de s'ouvrir un marché vers l'est est primordiale pour son développement futur mais ce dessein n'est réalisable qu'en marginalisant la Russie dans cette région. Pourfendeur de la démocratie à l'est tout en discréditant le grand méchant voisin Russe, la Pologne reçoit bien naturellement le soutien de l'UE et de sa Comission . UE ,qui d'ailleurs alloue à la Pologne un budget record 2014-2020 de 106 milliards d'€ ,mais qui risque d'être le dernier d'où l'urgence de s'élargir vers l'est si ce pays veut continuer à soutenir une économie qui s'essoufle depuis 2 ans.

 

Et nous alors , Français , quel est notre intérêt dans toute cette affaire?

Aucun : en préambule comme en conclusion.

Aucun intérêt au maintien des institutions de cette Europe de Bruxelles ,caricature de démocratie , ignorant volontairement le choix des peuples à se déterminer en fonction de leurs propres intérêts dont la meilleure illustration reste ce camouflet des nos représentants politiques et de l'UE fait aux français lors du référendum de 2005 concernant le Traité de Lisbonne. Ensuite la France , donc ces femmes et hommes politiques, se grandiraient à informer les français de ce qui se passe dans leur dos et notamment des décisions de la Comission de Bruxelles. 

A moins qu'ils ne soient eux-même dépassés et incapables d'arrêter cet "énorme machin"qui broie lentement , mais sûrement, la liberté des peuples à décider de leur avenir.

 

L'Ukraine, jeune démocratie souveraine et libre, doit décider seule de son avenir. Les pressions de l'UE n'ont rien à envier à celles de la Russie . Le "non" ou la fronde ukrainienne face à cet accord met en lumière ,une fois de plus, le vrai visage de cette UE, à la limite impérialiste, qui est prête à diviser un pays pour satisfaire à ses propres intérêts .  

Enfin je pense que le partenaire naturel de l'Ukraine est biensûr la Russie et soutenir l'inverse serait la preuve d'une méconnaissance totale de cette région centrale-est européenne.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :